Les différents parcours universitaires pour devenir chercheur
Le point de départ incontournable de toute carrière scientifique est le choix d’un cursus adapté à l’université. Dès la fin du lycée, l’étudiant doit s’orienter vers une filière scientifique qui corresponde à ses intérêts : biologie, physique, mathématiques, informatique, sciences humaines ou sociales, etc. Durant les trois premières années, la Licence offre des connaissances fondamentales, indispensables pour aborder les étapes qui suivent.
Après la Licence, le Master, généralement en deux ans, permet de se spécialiser davantage. Selon l’université et le domaine, plusieurs parcours sont proposés, incluant des options en recherche fondamentale, appliquée ou même interdisciplinaire. C’est lors de ces deux années que l’étudiant sera amené à effectuer des stages en laboratoire, à mener un projet de recherche encadré et à rédiger un mémoire, ce qui le familiarise avec les exigences du métier de chercheur.
La prochaine étape, cruciale, est la préparation du Doctorat. Il s’agit d’un véritable parcours d’endurance scientifique, sur trois ans en moyenne, où l’étudiant devient « doctorant », intégrant directement un programme de recherche au sein d’un laboratoire. Il bénéficie alors d’un encadrement personnalisé et apprend à conduire de A à Z un projet scientifique. La soutenance de thèse marque l’aboutissement de cet itinéraire exigeant.
« J’ai réalisé que la curiosité, la rigueur et la persévérance étaient autant importantes que mes notes. Le doctorat m’a appris à travailler en autonomie, mais aussi à collaborer au sein d’équipes pluridisciplinaires », confie Léa, jeune docteure en neurosciences.
Les écoles spécialisées et les grandes écoles : une alternative à l’université ?
Si l’université reste la voie privilégiée, les écoles spécialisées, dont les grandes écoles d’ingénieurs ou de sciences (comme l’École Normale Supérieure), constituent une alternative réputée. Ces établissements offrent des cursus exigeants, un encadrement rapproché et, souvent, une immersion précoce dans la recherche.
L’accès est sélectif, via concours ou dossier, et nécessite d’être déjà au fait des disciplines scientifiques. La formation y est théorique autant que pratique, avec une forte exposition aux laboratoires et à l’innovation. Les écoles spécialisées favorisent aussi l’internationalisation, élément crucial dans une carrière scientifique actuelle, où la coopération entre les différents pays est fréquemment requise.
On note par ailleurs que certaines écoles proposent des doubles diplômes : ingénierie et recherche, ou même science et management. Ces options permettent d’acquérir un spectre de compétences plus large, prisé tant dans la recherche publique qu’en R&D privée.
L’importance des stages et des premières expériences en laboratoire
Quel que soit le parcours choisi, l'expérience pratique est fondamentale pour s’initier aux réalités du monde de la recherche. Dès la fin de la Licence, et encore plus en Master, s’intégrer à une équipe de laboratoire permet d’apprendre les bases des manipulations, de la gestion de projets, de l’analyse de données et même de la publication des résultats.
Ces stages permettent également de constituer un premier réseau professionnel, de se faire connaître par des chercheurs établis et souvent de décrocher un sujet de thèse. Les compétences acquises lors de ces expériences sont aussi très utiles pour la poursuite des études et l’orientation de la carrière, car elles clarifient les envies : certains se découvrent une vocation pour la recherche fondamentale, d’autres préféreront postuler en entreprise ou dans l’ingénierie scientifique.
La montée en puissance des formations interdisciplinaires
Le monde scientifique évolue rapidement, et les frontières entre disciplines deviennent plus poreuses. Physique et biologie, chimie et environnement, mathématiques et sciences sociales : le croisement des compétences est de plus en plus recherché. Les universités répondent à cette tendance en proposant des Masters interdisciplinaires, qui permettent d’aborder une problématique sous divers angles.
Choisir une formation qui mêle plusieurs disciplines, c’est aussi se donner les chances de répondre à des questions innovantes, de participer à des projets originaux et de se démarquer sur le marché du travail scientifique. Les doctorats interdisciplinaires gagnent ainsi en popularité, offrant aux jeunes chercheurs la possibilité d’intégrer rapidement des équipes internationales ou des entreprises issues de secteurs émergents.
Développer des compétences transversales essentielles à la recherche
Être un bon chercheur aujourd’hui ne se limite pas à sa spécialité scientifique. La recherche exige de maîtriser une palette de compétences complémentaires :
- La communication scientifique, écrite et orale, pour partager ses résultats
- L’utilisation des outils numériques et des logiciels spécialisés
- La gestion de projets, de budgets et la veille scientifique internationale
- Le développement de réseaux et la collaboration interculturelle
Participer à des colloques, rédiger des articles, candidater à des financements sont des exercices incontournables dans la vie d’un chercheur. Les formations actuelles intègrent de plus en plus ces dimensions, via des modules dédiés, des ateliers de vulgarisation ou des stages à l’étranger, qui préparent à la réalité diversifiée du terrain scientifique.
Reconversion et accès à la recherche pour adultes ou professionnels
La recherche n’est pas réservée aux jeunes diplômés ; de nombreuses voies permettent une reconversion professionnelle. Les universités et organismes scientifiques développent des dispositifs d’accès adaptés, tels que la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE), les Masters en formation continue, ou encore les certifications spécialisées accessibles hors du parcours initial universitaire.
Certaines personnes issues du monde industriel ou de l’enseignement retournent ainsi vers la recherche, parfois en apportant une expertise précieuse liée à une expérience professionnelle antérieure. En France comme à l’étranger, cette diversification des profils est encouragée, car elle enrichit les équipes de recherche par des perspectives originales et de nouvelles compétences opérationnelles.
Bien choisir son domaine et anticiper l’avenir
Suivre une formation scientifique, c’est aussi anticiper les évolutions du secteur et savoir détecter des domaines porteurs pour sa future carrière. Intelligence artificielle, transition énergétique, santé, écologie, nanotechnologies, humanités numériques : les besoins évoluent constamment et certaines spécialités offriront plus de débouchés ou de possibilités de financement pour des doctorats ou des post-doctorats.
Prendre le temps de bien s’informer sur les recherches menées dans les laboratoires, dialoguer avec des chercheurs en poste, rencontrer des anciens étudiants : telles sont les clés d’une orientation réfléchie. N’hésitez pas à assister à des journées portes ouvertes, des conférences ou à consulter les sites web spécialisés pour affiner votre projet. Cette démarche proactive facilite l’accès aux meilleures formations et maximise vos chances de réussite.

